Déclaration de Claire Elyse Brosseau concernant sa décision de demander une aide d'urgence pour bénéficier de AMM

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Toronto, lundi 4 mai 2026… Je m’appelle Claire Brosseau. Je suis la requérante dans un recours constitutionnel contre le gouvernement du Canada. On m’a diagnostiqué, entre autres troubles mentaux, une forme grave de trouble bipolaire de type I et un syndrome de stress post-traumatique. Au cours des trente dernières années, j’ai essayé une grande variété de médicaments et de traitements pour ma maladie mentale. Malgré ces efforts, mon état ne cesse de s’aggraver. J'ai atteint les limites de ma capacité à vivre ainsi — dans un état de souffrance incessante. 

AMM actuelle AMM est discriminatoire envers les personnes comme moi. En prévision de mon procès, j'ai fait l'objet d'une évaluation et j'ai été jugé éligible à AMM, mais je ne peux pas bénéficier de ce service médical légal simplement parce que ma maladie est d'ordre psychique. Si mes souffrances étaient dues à un problème physique, je pourrais être éligible àAMM. Ils établissent une distinction qui est stigmatisante, paternaliste et dépourvue de toute justification valable. C'est de la discrimination. 

Cela fait plus de cinq ans que j'attends que le gouvernement tienne sa promesse de lever l'interdiction de AMM les personnes dont la maladie mentale est la seule affection. Au début, ils ont dit qu'ils avaient besoin de deux ans pour effectuer des travaux préparatoires. Puis ils ont déclaré qu'il leur fallait encore un an pour être prêts. Puis, le gouvernement du Canada a déclaré que, bien qu’il sache que certaines personnes souffrent, il nous demandait de patienter — encore trois ans. C’était trop demander. J’ai dû saisir la justice pour faire valoir que cette interdiction violait mes droits garantis par la Charte. 

J'ai déposé ma demande en août 2024. J'ai fait confiance à la procédure judiciaire pour que les choses avancent. Mon dossier est prêt à être traité depuis juillet 2025. Depuis lors, j'attends les documents de réponse du gouvernement. Ils devaient enfin arriver le30 avril, jeudi dernier. Ils ne sont pas arrivés. Je ne sais absolument pas quand le gouvernement va répondre. 

Je tiens à préciser clairement ce que ces retards signifient pour moi personnellement. Chaque mois de retard est un mois supplémentaire de souffrance qu’on me dit de simplement endurer. On m’a demandé, encore et encore, d’être patient. J’ai été patient pendant des années. Le refus du gouvernement de donner suite à ma demande et de tenir ses promesses m’a poussé à bout. 

Aujourd’hui, nous annonçons que je sollicite une mesure d’urgence auprès du tribunal. Je ne devrais pas avoir à en arriver là. Le gouvernement devrait faire ce qui s’impose et lever l’exclusion qui m’empêche d’obtenir le soulagement de mes souffrances dont j’ai désespérément besoin. Le gouvernement détient tout le pouvoir en la matière : le pouvoir de respecter mes droits constitutionnels ou, à tout le moins, le pouvoir de faire avancer mon dossier judiciaire. Il a failli à son devoir envers des personnes comme moi, qui devraient avoir le même accès à AMM tous les autres Canadiens atteints d’une affection médicale grave et incurable.   

Je demande à la Cour d'agir. Je demande aux Canadiens d'en être les témoins. Et je demande au procureur général du Canada d'évaluer ce que ces retards coûtent — non pas en frais juridiques, ni en capital politique — mais en souffrances humaines.   

Merci. 

— Claire Brosseau

Lire le communiqué de presse dans son intégralité.

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