Sondage 2023 : Soutien à l'aide médicale à mourir au Canada

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Il s'agit d'un résumé des résultats d'un nouveau sondage Ipsos réalisé pour le compte de Mourir dans la Dignité Canada en juin 2023 concernant le soutien à aide médicale à mourir (AMM) au Canada.   

Un échantillon de 3502 Canadiens âgés de 18 ans et plus ont été interviewés par le groupe d’experts Ipsos Je-dis du 7 au 12 juin 2023. Une pondération a été appliquée afin de s’assurer que la composition de l’échantillon est représentative de l’ensemble de la population, selon les données de recensement.   

Contexte 

À la suite de l'affaire Carter c. Canada, la Cour suprême du Canada a annulé l'interdiction fédérale de l'aide à mourir en 2015. L'aide médicale à mourir (AMM) a été reconnue comme une option légale de fin de vie, et les personnes au Canada dont le décès était raisonnablement prévisible et qui répondaient aux critères d'admissibilité se sont vu accorder le droit de mourir avec l'aide d'une infirmière praticienne ou d'un médecin.  

En mars 2021, le projet de loi C-7 - Loi modifiant le Code criminel (aide médicale à mourir) a été promulgué, supprimant le critère selon lequel la mort naturelle d'une personne doit être raisonnablement prévisible pour être admissible à AMM, entre autres changements. Les projets de loi C-14 et C-7 prévoyaient un examen parlementaire du site AMM portant sur des sujets tels que demandes anticipées, les mineurs matures, AMM pour les troubles mentaux, l'état des soins palliatifs et la protection des personnes handicapées.  

Le rapport final du groupe d'experts sur AMM et la maladie mentale a été publié en mai 2022 avec une recommandation pour l'élaboration de normes de pratique pour AMM; celles-ci ont été publiées en mars 2023. Le rapport final du Comité mixte spécial sur AMM (AMAD) : Des choix pour les Canadiens a été publié en février 2023. Enfin, la réponse du gouvernement du Canada au rapport du comité AMAD a été publiée en juin 2023. 

Principales conclusions 

Le soutien à la décision Carter c. Canada reste fort, à 84 %. Les personnes âgées de plus de 55 ans sont très favorables à cette décision (89 %). Le soutien des communautés religieuses reste élevé, avec 83 % des catholiques et 79 % des protestants. En outre, 79 % des personnes s'identifiant comme BIPOC au Canada soutiennent la décision.  

Soixante-dix-huit pour cent des Canadiens sont favorables à la suppression de l'exigence de mort naturelle "raisonnablement prévisible" dans la loi AMM . Soixante-dix-huit pour cent des personnes handicapées soutiennent ce changement, et parmi la communauté BIPOC, 73 % soutiennent la suppression de cette exigence.  

Une demande anticipée pour AMM permettrait à une personne - pendant qu'elle est capable - de décrire par écrit un état futur dans lequel elle souhaiterait accéder à AMM. Quatre-vingt-deux pour cent des Canadiens sont en faveur d'une demande anticipée pour AMM pour les personnes ayant reçu un diagnostic de maladie grave et irrémédiable. Le soutien pour demandes anticipées sans diagnostic grave et irrémédiable reste élevé à 72 %.

Huit personnes sur dix (83 %) sont d'accord pour dire que lorsque l'état de santé d'une personne atteint le point où elle répond aux critères qu'elle a définis dans sa demande anticipée et qu'elle remplit les critères d'éligibilité pour AMM, son souhait de recevoir AMM devrait être respecté. 

Au Canada, certains établissements de santé publics refusent d'autoriser ou de fournir le site AMM en raison de leur appartenance religieuse. Les trois quarts (73 %) des Canadiens estiment que les établissements de santé publics devraient être tenus de fournir toute la gamme des services de santé, y compris AMM, s'ils disposent de l'équipement et du personnel adéquats pour le faire. Soixante-treize pour cent des personnes qui s'identifient comme catholiques et 63 % des protestants soutiennent également cette affirmation.  

Au Canada, les cliniciens ont le droit de limiter les services de santé qu'ils fournissent pour des raisons de conscience ou de religion - une objection de conscience. Cependant, les patients ont également le droit d'accéder aux soins de santé en temps opportun. Huit personnes sur dix (81 %) au Canada sont d'accord pour dire qu'un clinicien devrait diriger le patient vers l'équipe d'aide à mourir de l'autorité sanitaire locale afin d'obtenir plus d'informations et de connaître la procédure à suivre pour demander une évaluation en temps opportun à un autre clinicien. Les personnes qui s'identifient comme catholiques ou protestantes sont également en faveur d'un aiguillage efficace - 82 % et 77 % respectivement.  

Dans le même ordre d'idées, 73% pensent que les cliniciens doivent faire passer les intérêts primaires des patients avant leur propre morale et leurs propres valeurs. Ils doivent veiller à ce que les services légaux, raisonnables et souhaités (d'une évaluation sur AMM ) soient fournis, si ce n'est par eux, du moins par d'autres, grâce à une orientation efficace. 

Une forte majorité (80 %) de la population canadienne est d'accord pour dire qu'avec la mise en place de garanties appropriées, un adulte capable de donner son consentement éclairé devrait pouvoir demander une évaluation pour aide médicale à mourir et, s'il est éligible, recevoir AMM, pour un trouble mental grave et résistant au traitement, pour lequel il éprouve des souffrances intolérables. 

Données et ventilation détaillée des résultats du sondage

Mourir dans la Dignité Canada est l’organisme national de bienfaisance en matière de droits de la personne voué à améliorer la qualité de la fin de vie, à protéger les droits de fin de vie et à aider les Canadiens à éviter les souffrances inutiles. 

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