Sondage 2022 : Soutien à l’aide médicale à mourir au Canada

Domicile / Centre de médias / Statistiques et faits / Sondage 2022 : Soutien à l'aide médicale à mourir au Canada

Voici un résumé des conclusions d’un nouveau sondage Ipsos réalisé pour le compte de Mourir dans la Dignité Canada en avril 2022 concernant le soutien à l’aide médicale à mourir au Canada.   

Sondage Ipsos 2022 : Soutien à l’aide médicale à mourir au Canada

Un échantillon de 3 500 Canadiens de 18 ans et plus a été interrogé sur le site de sondage Ipsos iSay, du 19 au 25 avril 2022. Une pondération a été appliquée pour s’assurer que la composition de l’échantillon correspond à l’ensemble de la population selon les données du dernier recensement. 

Contexte 

À la suite de l’affaire Carter c. Canada, la Cour suprême du Canada a invalidé l’interdiction fédérale de l’aide à mourir en 2015. L’aide médicale à mourir (AMM) a alors été reconnue comme un droit protégé par la Constitution, et les Canadiens dont la mort est raisonnablement prévisible et qui satisfont aux critères d’admissibilité ont obtenu le droit de mourir avec l’aide d’une infirmière praticienne ou d’un médecin. 

En mars 2021, l’adoption du projet de loi C-7, Loi modifiant le Code criminel (aide médicale à mourir), supprimait, entre autres changements, le critère selon lequel la mort d’une personne doit être raisonnablement prévisible pour que celle-ci soit admissible à l’AMM. Les projets de loi C-14 et C-7 prévoient un examen parlementaire de l’AMM, notamment des questions portant sur les demandes anticipées, les mineurs matures, l’AMM pour les personnes souffrant de maladie mentale, la situation des soins palliatifs et la protection des personnes handicapées. L’examen parlementaire en cours devrait se terminer en octobre 2022. 

Principales conclusions 

Le soutien des Canadiens à la décision rendue dans Carter c. Canada reste inchangé par rapport à l’année dernière, à 86 %. Les Canadiens de plus de 55 ans y accordent un fort soutien, à 90 %. Le soutien des groupes religieux demeure élevé, soit 87 % des catholiques et 82 % des protestants. De plus, 80 % des Canadiens qui s’identifient comme des personnes autochtones, noires ou de couleur (PANDC) appuient la décision. 

Huit Canadiens sur dix (82 %) soutiennent la récente suppression du caractère « raisonnablement prévisible » de la mort comme critère d’admissibilité de la Loi sur l’AMM. C’est là une hausse de 13 % par rapport aux conclusions du sondage Ipsos 2021. En outre, 83 % des personnes handicapées sont favorables à ce changement et, au sein de la communauté PANDC, 75 % appuient l’élimination de cette exigence. 

Une demande anticipée d’AMM est une demande créée avant la perte de capacité décisionnelle, destinée à être exécutée dans les circonstances décrites dans la demande, après que la personne a perdu sa capacité décisionnelle (aptitude). Quatre-vingt-cinq pour cent des Canadiens sont en faveur d’une demande préalable d’AMM pour les personnes ayant reçu un diagnostic irrémédiable. De plus, comme l’année précédente, 77 % appuient une demande anticipée sans diagnostic irrémédiable.   

Une proportion de 86 % des personnes interrogées est d’accord pour qu’une personne puisse demander l’aide médicale à mourir à l’avance si elle remplit tous les critères, et 84 % sont d’accord pour que toute demande préalable d’AMM qui correspond aux critères de la personne soit respectée. 

Au Canada, certains établissements de soins de santé financés par l’État refusent d’autoriser ou de fournir l’AMM sur place en raison de leur appartenance religieuse. Selon le sondage, 76 % des personnes interrogées sont d’accord pour que tous les établissements de soins de santé qui reçoivent des fonds publics aient l’obligation de fournir la gamme complète de services de soins de santé s’ils disposent de l’équipement et du personnel nécessaires pour le faire. Parmi les groupes religieux, 75 % des personnes s’identifiant comme étant catholiques et 68 % des protestants appuient également cet énoncé. 

Au Canada, les cliniciens ont le droit de limiter les services de santé qu’ils fournissent pour des raisons de conscience ou de religion – c’est le droit à l’objection de conscience. Cependant, les patients ont également le droit d’accéder à des soins de santé en temps opportun. Le sondage révèle que 73 % des Canadiens croient que les cliniciens qui ne souhaitent pas évaluer ou prodiguer l’AMM pour des raisons de conscience devraient être tenus de diriger leurs patients efficacement vers une autre ressource. Les personnes qui s’identifient comme étant catholiques ou protestantes sont également en faveur d’un aiguillage efficace, soit 73 % et 74 % respectivement. 

Données et ventilation détaillée des résultats du sondage

Mourir dans la Dignité Canada est l’organisme national de bienfaisance en matière de droits de la personne voué à améliorer la qualité de la fin de vie, à protéger les droits de fin de vie et à aider les Canadiens à éviter les souffrances inutiles. 

Habiliter. Informer. Protéger vos droits.